Finalement, après un hiver complet de démarches, de CVs remaniés et d'entrevues, je décide de tout foutre en l'air et de partir dans l'Ouest avec 4 amies de Québec. Je suis très heureuse. Beaucoup de plaisir à l'horizon. Un beau bonbon sucré après un an « de labeur fou » dans un milieu scolaire compétitif.
Ça m'amène à me demander comment je peux faire pour vivre en société, avec tout ce sang nomade qui coule dans mes veines. Comment me constituer un réseau social alors que je ressens constamment le besoin de partir sitôt habituée à un endroit? Celui-ci doit nécessairement être constitué de nomades comme moi, mais dans ce cas, ne soyons pas hypocrites et reconnaissons que je ne suis que de passage pour eux autant qu'ils le sont pour moi.
Comment prendre pays?
Pourquoi ce besoin de partir ailleurs?
C'est difficile de concilier les sentiments et le besoin irrépressible de partir. D'avoir envie de bâtir des relations solides et de devoir, pour ma survie mentale, quitter vers d'autres horizons.
Encore quatre ans d'université à Laval. Au moins quatre ans pour ces nouveaux amis que j'apprécie tant. Mais aussi quatre étés que je passerai inévitablement autrepart. Et...une année d'études en Espagne en perspective.
C'est difficile d'admettre que, dans l'échelle de mes valeurs, l'aventure et la curiosité passe avant l'amour et d'une certaine façon l'amitié. Un constant conflit entre les relations interpersonnelles et cette nécessité de départ et de solitude.
Laisser en plan une relation qui me tient à coeur à Québec me fait beaucoup de peine, mais l'ailleurs m'apelle.
Il faut assumer ses choix. Il faut tourner la tête vers l'avant, sinon c'est le mal de coeur qui nous guette.